Code 612. Qui a tué le Petit Prince ?

Le « Maître du twist », à la plume poétique, ludique, surprenante, élégante, érudite -mais oui, tout ça parce qu’il le vaut bien !- en me charmant encore une fois, m’a quand même bien secouée 😆
Michel Bussi est sans conteste, depuis ses Nymphéas noirs, mon auteur favori. Classé comme écrivain de « polars », rien n’est vraiment noir dans ses romans, ses cadavres sont « propres » et cette fois même inexistants.
Quand même, il fallait oser ! S’attaquer à « mon » Petit Prince, en voilà une idée gonflée qui a titillé mon intérêt. Je ne lui reproche rien, je ne regrette rien. Et j’aime même assez beaucoup sa conclusion. Et si Michel Bussi avait raison ?…

Pour préparer ce billet, je me suis donc replongée avec délice, et un œil encore plus affûté, dans le chef d’œuvre de Saint-Exupéry ; j’ai mieux appréhendé ce conte et j’y ai encore découvert des détails qui m’avaient échappé. Si, c’est possible ! J’ai ainsi « noirci » 6 pages de mon cahier « Blog », en décortiquant chapitres après chapitres.

4e de couverture :
« Il est le livre le plus traduit au monde après la Bible, et l’un des plus vendus, conte étrange et fascinant.
Il est l’incarnation universelle de l’enfance, petit garçon blond, mordu mortellement par un serpent…
Mais la vérité est-elle aussi simple ? S’est-on vraiment déjà posé la question : « Qui a tué le Petit Prince ? » Saint-Exupéry n’aurait-il pas dissimulé l’identité de l’assassin dans son roman, lui dont la mort, quelques mois après la parution de son livre, reste tout aussi mystérieuse ?
Code 612. Qui a tué le Petit Prince ? passe en revue hypothèses, coupables et mobiles, pour enfin révéler la vérité stupéfiante sur le secret de Saint-Exupéry, et de son double de papier.
Si vous décidez de la croire… »

Michel Bussi signe une mise en abyme passionnante. Une requête haletante et poétique qui se déploie comme un jeu de piste doublé d’un hommage.

Dans son avant propos, Michel Bussi se/nous pose des questions auxquelles je n’aurais jamais pensé, même après mes nombreuses lectures du conte philosophique.
Et si le Petit Prince, ce livre universel, était en fait le testament spirituel de Saint-Exupéry ?
L’auteur lit entre les lignes et nous perd dans un dédale dont on ne sort pas indemne, certes, mais tellement rassuré sur la destinée du célèbre Aviateur, aussi rusé, semble-t-il, que son renard.
Comme dans chacun de ses romans, Michel Bussi ne renonce jamais à nous surprendre, à nous interloquer et c’est le souffle coupé qu’il faut aller à la fin de la lecture de ses livres pour pouvoir redire l’expression favorite du Commissaire Bourrel : « bon sang, mais c’est bien sûr » !

Sa version devient alors évidente et la réalité nous saute aux yeux. Et je préfère cent fois, mille fois, la vision de Michel Bussi !

Car tout est vraisemblable : l’astéroïde 612 (6-12, St-Nicolas, la Fête des enfants) a été aperçue une fois, en 1909, par un astronome turc. L’invisible, la rose, le serpent, le ciel et les étoiles, le désert, la mort, le mystère des disparitions et des corps évaporés, ces allégories renvoyant à des textes sacrés de la religion chrétienne.
Et tout au long de ces 230 pages, comme le Petit Poucet, le géographe-écrivain-poète cueille un à un les indices déposés dans les écrits de St-Ex et sème ses mots et ses vérités, comme des petits cailloux.
Michel Bussi choisit la Terre pour nous propulser à vitesse grand V sur 6 îles habitées par les 6 membres du Club B612, abandonnant le Cosmos et les 6 minuscules planètes du petit bonhomme tombé du ciel.
L’enquête sur le double « crime maquillé » du Petit Prince et de son père spirituel peut commencer.

Un jour, Oko Dolo, le businessman, maître du jeu, contacte Neven et Andie sur l’île de Riou où il habite, pour une mission très spéciale. Ensuite, ils reçoivent, à chaque étape, leur feuille de route et vont successivement à la rencontre de Marie-Swan, la vaniteuse, à Manhattan (USA), Moïses, le buveur, à Conchagüita (Salvador), Izar, le Roi, en Herminie (Ecosse), Hoshi, l’allumeur de réverbères, au phare de Djeddah (Arabie Saoudite) et enfin Stelo, le géographe, aux Bermudes, pour la fin du voyage et une chute (littéraire) vertigineuse et impensable !
Chacun des 5 premiers insulaires a sa théorie personnelle sur ces deux morts suspectes mais c’est Stelo qui a la preuve irréfutable que rien ne s’est passé comme l’Histoire l’affirme depuis 70 ans…